Agriculture urbaine
Les agricultures urbaines invitent à repenser la ville comme un espace vivant à cultiver collectivement. Bien plus que de simples enjeux nourriciers, ces initiatives ouvrent aussi à des enjeux d’alimentation et de transmission, en favorisant des pratiques plus locales, accessibles et populaire, à travers le partage de savoirs et l’apprentissage entre pair·es.
Cultiver
Multiple et mouvant
“Elle possède presque autant de définitions que de personnes qui la pratiquent ou l’étudient”
Christine Aubry
À Hautepierre et ailleurs, nous l’abordons comme une pratique vivante, située, qui relie la ville à ce qui la nourrit, la traverse et la transforme. Une agriculture qui ne se limite pas à produire, mais qui tisse des liens : entre les habitant·es, les usages, les savoirs, le vivant.
A Horizome, nos projets d’agriculture urbaine prennent des formes multiples et complémentaires : jardins partagés, apiculture urbaine, transformation alimentaire, ateliers de cuisine ou encore végétalisation du cadre de vie.
Ces espaces ne sont pas seulement productifs. Ils sont politiques, pédagogiques, sensibles. Ils ouvrent des lieux de reprise en main, où l’on réapprend à faire, à comprendre, à transformer ce que l’on consomme et ce que l’on partage. Des lieux où l’on cuisine ensemble, où l’on expérimente, où l’on transmet des gestes autant que des récits.
Elle ne se limite pas à produire des aliments. Elle produit aussi du lien, de la connaissance, de l’autonomie, de la fierté. Elle relie le quartier à son environnement, l’intime au collectif.
Parce qu’il n’existe pas une agriculture urbaine, mais des agricultures urbaines, nous faisons le choix de partir des pratiques, des usages et des personnes qui les font vivre. Une écologie du faire ensemble ancrée dans un territoire.
JARDINS PARTAGÉS
Dans les jardins partagés de Hautepierre, nous portons une conviction forte : l’écologie ne peut pas se construire sans celles et ceux qui la vivent au quotidien. Elle ne se transmet pas de manière descendante, elle se co-construit, à partir des réalités, des savoirs et des expériences habitantes.
Nous refusons une approche qui consisterait à simplement “sensibiliser”. Car derrière ce terme se cache souvent une forme d’imposition de normes extérieures, déconnectées des vécus. À l’inverse, nous défendons une écologie située, plurielle, où chacun·e peut participer à définir ce que signifie habiter, cultiver, prendre soin de son environnement.
Notre rôle est donc d’accompagner cette capacité d’agir. Créer les conditions pour que les habitant·es puissent s’exprimer, expérimenter, proposer leurs propres manières de faire et leurs propres récits de la transition écologique. Faire émerger des visions qui leur ressemblent, ancrées dans leur quotidien.
À Hautepierre, nous accompagnons notamment deux jardins partagés : le jardin du monde et le jardin du coin. À travers une démarche de co-conception, de co-construction et de concertation (la méthode TRI-CO), nous travaillons avec les jardinier·es pour faire évoluer ces espaces selon leurs envies et leurs besoins.
Cet accompagnement est à la fois technique et humain. Il s’agit de soutenir les usages (gestion des déchets, entretien et aménagement des espaces), de proposer des temps collectif (jardinage, production alimentaire), mais aussi de valoriser les savoir-faire déjà présents. Car ces jardins sont riches de connaissances, souvent invisibilisées, qu’il est essentiel de reconnaître et de partager.
Les jardins deviennent ainsi des lieux de ressources ouverts, où se tissent des liens, où se croisent les cultures, les générations, les histoires. Des espaces où l’on apprend autant que l’on transmet, où l’on cultive autant des légumes que des relations.
Espaces de convivialité, ils accueillent aussi des repas de quartier, des ateliers, des visites de jardin, des expositions. Ils sont le point de départ de dynamiques collectives et de collaborations avec les acteur·rices du territoire.
À travers ces jardins, nous cherchons à faire émerger une écologie du faire ensemble, ancrée dans les solidarités locales et les richesses multiculturelles du quartier. Une écologie vivante, construite pas à pas, qui ouvre des possibles pour imaginer des futurs plus justes, plus résilients, et plus désirables.
« Lutter contre la dépossession écologique des classes populaires, qui de leur point de vue relève sans doute plus d’une confiscation, ne consiste donc pas à les aider à mieux s’approprier les refrains écologistes dominants en les « sensibilisant » davantage ou bien en formulant différemment le même message pour qu’il « passe mieux » ; mais cela suppose plus certainement de créer les conditions sociales de leur participation à la définition et à la légitimation de visions alternatives des enjeux environnementaux ».
Jean-Baptiste Comby
ACTIONS PEDAGOGIQUES ET ARTISTIQUES
Dans les jardins partagés de Hautepierre, nous défendons une écologie concrète, ancrée dans le quotidien, qui se vit et se partage. Nos actions pédagogiques s’inscrivent dans cette volonté : faire de l’éducation à l’environnement un levier d’émancipation, à travers des pratiques artistiques, collectives et accessibles.
Les jardins deviennent des espaces de résistance douce, où l’on réapprend à faire, à comprendre, à prendre soin du vivant. Ici, on transmet autrement : en expérimentant, en bricolant, en racontant. Loin des discours descendants, nous privilégions des dynamiques horizontales, où chacun·e peut apprendre et contribuer.
Les enfants y occupent une place centrale. En s’appropriant ces espaces et ces pratiques, ils jouent un rôle clé dans la diffusion des pratiques., faisant circuler les savoirs et les envies d’agir au-delà du jardin.
Pour soutenir cette dynamique, des espaces pédagogiques ont été aménagés, et des ateliers créatifs sont proposés autour d’enjeux essentiels : biodiversité, gestion des déchets, gaspillage alimentaire, eau, faune et flore. Autant de portes d’entrée pour comprendre, mais surtout pour agir.
Nous faisons le choix d’une approche sensible et artistique. Parce que créer, imaginer, ressentir, ce sont aussi des manières de s’engager. À travers des récits, des gestes, des expériences collectives, chacun·e peut se reconnecter au vivant et trouver sa place dans les transitions à venir.
À travers des histoires de jardins, des récits de plantations, des gestes, des expériences collectives ou des imaginaires liés au vivant, chacun·e peut expérimenter et s’approprier ces sujets à son rythme.
Ces actions participent à faire émerger une écologie du faire ensemble, inclusive et intergénérationnelle. Une écologie qui ne se décrète pas, mais qui se construit à partir de ce que nous avons.
citation ?
John Doe
TRANSFORMATION ALIMENTAIRE
À Hautepierre, nous revendiquons une alimentation comme un droit, un commun, et un terrain d’émancipation.
Au sein du tiers-lieu le rucher htp, nous avons ouvert un espace dédié à la transformation alimentaire : un lieu-outil mis à disposition des habitant·es pour expérimenter, cuisiner, conserver et transformer des produits locaux.
Ici, on reprend la main sur l’alimentation. On transforme des légumes, des fruits, des plantes, on extrait du miel… on apprend à faire des bocaux, des fermentations, des confitures, du pain, toute sortes de pâte. On lutte contre le gaspillage alimentaire en réinventant des gestes simples, souvent oubliés, mais essentiels.
Ce lieu n’est pas un service. C’est un espace commun. Un endroit où chacun·e peut venir faire, tester, apprendre, transmettre. La cuisine devient un point de rencontre où les savoirs circulent dans tous les sens.
Autour de cet outil partagé, des ateliers réguliers ouvrent des espaces de création collective : cuisine partagée, conservation, boulangerie. Autant de pratiques pour redonner du pouvoir d’agir, individuellement et collectivement.
Ce projet part d’un constat simple : les habitant·es ont des savoirs, des envies, des pratiques. Notre rôle est de créer les conditions pour qu’ils et elles puissent les exprimer, les développer, les partager.
Ce laboratoire alimentaire est aussi un lieu d’expérimentation. Il permet de tester, d’imaginer, parfois même de préparer l’émergence de nouvelles activités. Mais toujours à partir du terrain et des besoins.






LES HTPCULTEUR·ICES
À Hautepierre, les toits deviennent des lieux de vie. Avec le projet HTPculteur·ices, l’apiculture urbaine s’ancre dans le quartier comme une pratique collective, accessible et profondément liée aux habitant·es.
Ici, on n’observe pas la nature de loin. On y participe. Accompagné·es par un apiculteur, les habitant·es apprennent à ouvrir une ruche, à comprendre les abeilles, à suivre leur évolution, à récolter le miel. Une montée en compétence progressive, au rythme des saisons, où chacun·e trouve sa place.
Pour certain·es, l’apiculture réveille des souvenirs, des pratiques déjà connues ou transmises par leur parent ou grand-parent, parfois dans leur pays d’origine. Pour d’autres, c’est une première découverte. Mais très vite, les savoirs circulent, se croisent, se partagent. Le projet devient un espace où les expériences se rencontrent et se valorisent.
Et puis il y a cette fierté. Celle de produire son propre miel, ici, dans son quartier. De voir le chemin parcouru : de la ruche au pot. Un miel local, qui raconte une histoire.
Au fil des années, le projet a grandi. Des premières ruches installées, il s’est construit un véritable groupe d’HTPculteur·ices, impliqué·es, curieux·ses, engagé·es. Et au-delà de la production, c’est une autre manière d’habiter la ville qui se dessine. Faire entrer la nature là où on ne l’attend pas, redonner de la valeur aux savoirs, créer des espaces d’apprentissage et de transmission.